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Ce blog a pour but d'aider et de favoriser les échanges sur la généalogie, la recherche de vos ancêtres en France et en Nouvelle Calédonie, découvrir vos secrets de famille, les histoires qui se répètent de génération en génération L'astrologie, le Reiki, la psychogénéalogie peut vous aider également à comprendre votre histoire et guérir du passé.

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Le travail des bagnards

La pénitentiaire

L'administration pénitentiaire était trés puissante, autonome en 1875 elle devint une sorte d'Etat dans l'Etat. Elle gérait de nombreux établissements pénitentiers; Île Nou, Ducos, Dumbéa, Île des Pins, Ouégoa, Téremba, etc.

Trés gourmande en terres la pénitentiaire se délimita une réserve qui atteint 110 000 hectares . Celle-ci ne fut que trés partiellement utilisée mais elle contribua gravement aux spoliations des mélanésiens, origine des insurrections de 1878 et 1917 et des revendications foncières du mouvement indépendantiste kanak .

Le travail des bagnards

Les bagnards étaient employés aux travaux d'intérêt général de la colonisation. A Nouméa on leur doit les important travaux de remblaiement du centre ville. Ils firent aussi l'exploitation de forêts et l'ouverture de routes. Les bagnards travaillaient bien entendu aux constructions et projets divers de l'administration pénitentiaire.

Ils furent en outre utilisés pour des intérêts privés. En 1866 le Gouverneur Guillain créa les "assignés", condamnés distingués par leur bonne conduite et qui étaient autorisés à travailler chez les particuliers. En 1875 le budget sur Ressources Spéciales fut institué et l'administration put passer des contrats de travail avec des particuliers, notamment dans la mine. Ainsi la pénitentiaire loua pour un prix dérisoire au mineur Higginson 300 forçats pour 20 ans. Ils furent employés dans les mines Balade et Pilou de 1878 à 1886. 65 forçats déportés politiques d'origine kabyle creusérent les galeries de la mine Ao en 1901.

Le problème non traîté des libérés

La loi de 1854 faisait aux transportés condamnés à des peines de plus de 8 ans, interdiction absolue de retourner en Métropole à l'expiration de leur peine. Les condamnés à moins de 8 ans étaient soumis au "doublage" qui était une obligation de résidence de même durée que leur peine. La Métropole pouvait ainsi se débarrasser définitivement de ses délinquants et criminels condamnés au bagne. Résultat, en 1887 la Calédonie comptait près de 6 000 libérés du bagne contre 9 000 colons libres. Le nombre des libérés était de 9 000 en 1906

Très peu de libérés eurent accès aux concessions. L'administration leur préfèrait des hommes en cours de peine qu'elle pouvait plus facilement contrôler. Dans leur immense majorité ils furent donc "jetés sur les chemins de la colonie avec (...) pour seule perspective la recherche désespérée d'un moyen de subsistance"(Isabelle Merle). La loi de 1854 et les décrets qui suivirent, avaient hypocritement occulté le problème des libérés.

Ils étaient déclarés indésirables à Nouméa et dans les centres de brousse. Sans argent, sans terre pour les nourrir, ils vivaient une existence misérable et nomade, errant sur les routes à la recherche d'un travail chez les colons ou les mineurs. Ils étaient souvent contraints aux larcins. Ils faisaient des petits métiers mais l'administration moralisatrice leur en proscrivait certains (cabarettiers, brocanteurs). Beaucoup s'adonnaient à l'ethylismel. Ces hommes restaient entre-eux, mais que pouvaient-ils faire d'autre? Ils étaient craints de la population libre qui néanmoins profitait aussi de cette main d'oeuvre et parfois l'exploitait. On tentait de leur interdire l'accès aux tribus où ils contribuaient à l'alcoolisme des hommes et des femmes. On chercha, sans résultat, à limiter administrativement leurs déplacements. On les accusa de tous les maux. Tout concourait à les marginaliser, les nomadiser et à ne pas leur offrir la moindre de chance de se réhabiliter.

Les libérés laissairent, on s'en doute, peu de descendants et, officiellement, encore moins.

Principales sources: Le Mémorial Calédonien tomes 1,2,3 - La Nouvelle-Calédonie, occupation de l'espace et peuplement : J.P Doumenge, E.Métais, A.Saussol. - Expériences coloniales, la Nouvelle-Calédonie (1853-1920) : Isabelle Merle 1995.
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